Décors Guillochés

Le guillochage

L’art du guillochage, dont l’origine remonte au 16ème siècle, consiste à «orner un objet de traits gravés, sculptés en creux et entrecroisés». Au début, on le pratiquait essentiellement sur des matériaux organiques, tels que l’ivoire, le bois, la corne, la noix de coco, ou sur les pierres tendres.
A la fin du 18ème siècle (1786), L. A. Breguet l’introduit dans l'horlogerie pour décorer ses cadrans et ses boites de montre. Le brillant de la coupe dans les métaux précieux donnant un effet décoratif hors pair, cette technique a connu un extraordinaire essor au 19ème siècle, notamment grâce à Carl Fabergé.

Dans le courant du 20ème siècle, avec l’avènement de techniques plus industrielles, on a partiellement remplacé ce travail artisanal – exécuté à la main, pièce à pièce – par des méthodes plus modernes. La machine automatique, l'estampage, et, plus récemment, les machines à commandes numériques (CN), ont ainsi fait leur apparition, permettant de produire de plus grands volumes de pièces à moindre coût. Aujourd’hui, face à ce développement industriel, il y a un regain d’intérêt pour les pièces en métaux précieux guillochées à la main. Ce travail, aussi minutieux que prestigieux, produit des objets uniques. Chaque pièce a son identité, ses propres nuances et ses caractéristiques. Par son savoir-faire, l’artiste y laisse sa marque, la rendant ainsi unique authentique.

La technique et les machines du guillochage main

Techniquement, on entend par «guillochage» la gravure, à l'aide d'une machine, de motifs précis et réguliers composés de lignes droites, brisées ou courbes sur des pièces planes ou bombées. Pour réaliser de tels décors, on utilise principalement deux types de machines à guillocher: celles dites «ligne droite» permettant de graver des lignes droites ou brisées – et celles dites «tour à guillocher» faisant des traits circulaires.
Les traits formant un décor ont en général entre 0.1 et 0.5mm de large et 3 à 4 centièmes de millimètre de profond, moins que l'épaisseur d'un cheveu ! En variant la forme, l'espacement ou l'entrecroisement des lignes (brisées ou circulaires), il est possible d'obtenir une infinité de motifs différents.
Si en général on guilloche des métaux nobles comme l'or ou le platine, d'autres matériaux sont aussi utilisés, comme l'acier ou la nacre.

Bien que des machines soient utilisées pour créer les décors, on parle de guillochage «main» lorsque le guillocheur actionne lui-même sa machine. D'une main, il tourne une manivelle qui entraîne la pièce en travail ; de l'autre, il pousse le chariot sur lequel est fixé le burin gravant la matière.

La machine à guillocher n'est donc pas une véritable «machine» au sens industriel du terme. Elle doit plutôt être considérée comme un «outil» aidant l'artisan à réaliser son œuvre, à l'image du boulet et du burin d'un graveur main. Sachant que chaque trait est effectué l'un après l'autre, la dextérité et le sens esthétique de l'artisan ont une importance cruciale, car le positionnement du décor dans la pièce, la vitesse, la pression sur le burin, la précision de l'arrêt de la gravure sont autant de paramètres déterminants pour le résultat final. C'est précisément cette sensibilité humaine qui donne toute sa valeur à ce type de décor.
Comme pour toute pièce réalisée à la main, les volumes envisageables sont limités. C'est pourquoi le guillochage main est réservé à l'horlogerie de haut, voire de très haut de gamme.

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