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René von Kaenel

...la mécanique au service de l'art


Enfant du pays (né aux Vieux-Prés, le 19.12.1936), le Président de Décors Guillochés, responsable du contrôle final des pièces et de la fabrication des outils de frappe, vit à Chézard-St-Martin depuis qu'il est descendu des pâturages, en 1939, lorsque son père a été mobilisé.

Après un passage éclair dans un garage, en tant que mécanicien sur auto, à l'âge de 16 ans il entre dans un atelier de fabrication d'estampes, où il restera douze années. Entreprenant et plein d'idées, doté d'un regard aigu, en 1964, il s'associe avec ses amis L'Eplattenier et Blandenier – graveurs main. A partir de ce moment-là, l'avenir de René et du guillochage se dessinent : la première pierre à l'intégration de la mécanique dans le processus de gravure est posée. C'est la rencontre et l'alliance entre l'artisanat, façon école d'art, et la mécanique. René touche alors au pantographe, avant de se dédier à la gravure sur acier, qu'il travaillera pendant 7-8 ans. Vers la fin des années '70, il rachète les machines à guillocher à M. Béguelin. Depuis, il n'a jamais arrêté de guillocher, créant des centaines de décors différents et résolument originaux.

La société, devenue L'Eplattenier, Blandenier et Cie SA, se fait rapidement une place de premier plan dans le monde de l'horlogerie (guillochage des cadrans et des masses, avant tout) et, dans les années '90, elle commence à être courtisée par Stern (à Genève) et Métalem (au Locle). Suite à la retraite de L'Eplattenier et de Blandenier (1996), l'entreprise est rachetée conjointement par René von Kaenel et Métalem.

Devenue RVK Guillochage SA en 1997, c'est enfin en 1998 qu'elle passe entièrement dans les mains de Métalem : RVK prendra le marché des cadrans ; René von Kaenel, dont l'art est reconnu aux quatre coins du globe, gardera ses spécialités et il continuera, dans un atelier monté chez lui en collaboration avec Christiane Tripet, à guillocher l'acier et les masses oscillantes.

Les années passent et dans l'esprit de René, l'idée que le guillochage n'est pas synonyme de garde-temps se fait toujours plus présent. Il rêve d'autres applications qui pourraient mettre en valeur cet art ancestral et l'association avec le monde de la bijouterie s'impose à lui comme une évidence. Mais, il faut du temps et de l'énergie pour passer à l'action et, avec le nouveau millénaire, la quantité de travail lié au monde de l'horlogerie augmente sans cesse. René von Kaenel et Christiane Tripet sont pris dans le tourbillon. Ils décident de créer une nouvelle société et de continuer d'abord à satisfaire leurs clients : en décembre 2003, grâce à l'intérêt d'un troisième associé, Yann von Kaenel – l'un des trois enfants de René –, Décors Guillochés SA voit le jour. Deux ans et demi après, Yann, devenu Directeur, développe l'intuition de son père et réalise le projet : la marque de bijoux Guinel devient une réalité.

En 2008, Yann est prêt à reprendre le témoin... et René à le lui passer.